Procès d’un entraîneur coupable d’avoir trop fait rêver L’histoire est parfois cruelle avec ceux qui nous élèvent, Walid Regragui ne part pas sur une humiliation, Il part sur un paradoxe : celui d’un homme jugé après nous avoir fait toucher l’impossible. Il ne nous a pas seulement conduits en demi-finale d’une Coupe du monde, Il a redressé nos épaules, Il a changé notre regard sur nous-mêmes, Pendant quelques semaines, le Maroc n’attendait plus les miracles, il les provoquait. Oui, j’ai moi-même douté, Surtout après la défaite en Côte d’Ivoire, La critique est légitime, elle fait partie du jeu, Mais soyons justes : sur le plan tactique, son intelligence et sa lecture des matchs restent d’un niveau exceptionnel, Ce qui l’a parfois fragilisé ne se trouvait pas uniquement sur le terrain, Le football d’aujourd’hui se joue aussi dans le vacarme médiatique, dans la pression constante, dans les rivalités qui dépassent le rectangle vert, Et il faut avoir le courage de le dire : si la même énergie, la même intensité avaient été mobilisées pour soutenir et protéger notre sélection face aux campagnes adverses, nous aurions peut-être conservé chez nous la Coupe d’Afrique 2025, Dans le football moderne, l’unité autour d’un projet compte autant que le schéma tactique. On peut débattre d’un remplacement, d’un système, d’un choix, Mais on ne doit pas effacer la trace. Il nous a offert quelque chose de rare : une fierté sincère, partagée, mondiale, Un moment où nos couleurs n’étaient pas invitées, elles étaient incontournables. Les entraîneurs passent, Les débats s’éteignent, Mais certaines émotions ne meurent pas. Et la nôtre, ce moment-là, quand nous avons compris que nous appartenions aux grands, restera.