CAN 2025 : entre le Maroc, favori, et l’Algérie, fin du suspense au congrès de la Fifa ?
La CAF devrait profiter de la réélection de Gianni Infantino, le 16 mars à Kigali, pour annoncer le nom du pays organisateur de la CAN 2025. Le Maroc a désormais une longueur d’avance. Coulisses.
À Kigali, le 16 mars devrait être une journée bien remplie. D’abord parce que la capitale rwandaise accueille, après Marrakech en 2005, Johannesburg en 2010 et Port-Louis en 2013, un congrès de la Fifa. À cette occasion, l’Italo-Suisse Gianni Infantino sera reconduit, sans suspense, à la tête de l’instance pour un troisième mandat : aucun autre candidat ne s’est déclaré.
Ensuite, car le pays choisi par la Confédération africaine de football (CAF) présidée par Patrice Motsepe pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 pourrait être annoncé peu après.
L’option privilégiée
La CAF avait d’abord évoqué la date du 10 février dernier pour dévoiler le nom de l’heureux élu, parmi l’Algérie, le Maroc, la Zambie, ainsi que le Nigeria et le Bénin (ces deux pays font candidature commune). Mais l’instance avait décidé de reporter cette annonce, afin de permettre aux missions d’inspection de visiter les installations des pays candidats et de rédiger leur rapports.
En coulisses, elle souhaitait également que cette déclaration ne soit pas faite au moment où le Maroc organisait le Championnat du monde des clubs de la Fifa. « Si le Maroc devait être désigné, autant attendre et annoncer cela depuis un pays neutre », avait glissé un membre de la CAF à Jeune Afrique.
L’opportunité de profiter du congrès de la Fifa est donc, à ce jour, l’option privilégiée. En effet, tous les présidents des 211 associations membres seront présents à Kigali, et il serait alors très simple de réunir le Comité exécutif, chargé de choisir le pays chargé de remplacer la Guinée. « C’est effectivement une forte possibilité. Même si l’hypothèse d’une réunion à une autre date, au Caire ou par visio-conférence, ne peut pas être exclue », glisse un proche du Comité exécutif.
Le Maroc au nom de l’alternance ?
Et, dans la course à la CAN 2025, le statut de favori du Maroc s’est de nouveau renforcé. La CAF pencherait en effet pour une alternance. En effet, le royaume a accueilli la CAN pour la dernière fois en 1988 et l’Algérie, en 1990. La tendance du moment reviendrait donc à confier l’édition 2025 au premier et celle de 2027 ou 2029 au second.
« Patrice Motsepe a récemment déclaré que deux pays d’une même zone ne pourraient pas accueillir successivement la CAN, mais le Cameroun a organisé celle de 2022 et la Côte d’Ivoire, celle de 2024. Et l’avantage d’une CAN au Maghreb, c’est qu’on peut la jouer en juin et juillet, comme cela avait été décidé en 2017, afin de ne pas fâcher les clubs européens, qui sont de plus en plus réticents à libérer leurs internationaux africains en janvier et février », ajoute une autre source.
La Fédération royale marocaine de football (FRMF), présidée par Fouzi Lekjaâ, également ministre délégué chargé du Budget, membre de la CAF et de la Fifa, a signé 44 partenariats avec des fédérations subsahariennes, ce qui renforce son influence au sein du Comité exécutif. Le roi Mohammed VI s’est également personnellement impliqué en envoyant plusieurs de ses ministres vanter la candidature du royaume dans plusieurs pays africains, alors que le lobbying algérien est beaucoup moins intensif.
Enfin, le refus du président algérien Abdelmadjid Tebboune d’ouvrir l’espace aérien de son pays à l’avion de la délégation marocaine avant le CHAN n’a pas été bien perçu par la CAF, après qu’il ait reçu Patrice Motsepe et Gianni Infantino au palais présidentiel.
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